Quite sad but so chic !

Il y a quelques mois, j’ai acheté, sans grande conviction mais avec l’envie assumée de me distraire, L’Amour dure 3 ans, de Frédéric Beigbeder, récemment réédité en poche après la sortie du film éponyme, adaptation cinématographique libre, notamment remarquée grâce à la présence de la très sexy Louise Bourgoin.

Pas franchement gai mais bourré d’auto-dérision, de phrases philosophico-spirituelles à 3 francs 6 sous mais aussi de têtes de chapitres inspirées de références littéraires et autres titres de chansons en tout genre (Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve / Les illusions perdues…), ce roman autobiographique, qui n’a décidément de raison d’être que s’il se picore avec légèreté et recul, a eu le mérite de me faire sourire…

“Dès que j’ai l’air triste et qu’on me demande pourquoi, je rétorque de but en blanc :

parce que l’amour dure trois ans. Je trouve ça d’un chic fou.”


Quelques perles puisées ça et là…

- “Je ne suis jamais rassasié : quand une fille me plaît, je veux tomber amoureux ; quand j’en suis amoureux, je veux l’embrasser ; quand je l’ai embrassée, je veux coucher avec elle ; quand j’ai couché avec elle, je veux vivre avec elle dans un meublé ; quand je vis avec elle dans un meublé, je veux l’épouser ; quand je l’ai épousée, je rencontre une autre fille qui me plaît. L’homme est un animal insatisfait qui hésite entre plusieurs frustrations. Si les femmes voulaient jouer finement, elles se refuseraient à eux pour qu’ils leur courent après toute leur vie.”

- “Le si laid mois de mai. Avec ses ponts qui n’en finissent pas : Fête du Travail, Anniversaire du 8 mai 1945, Ascension, Pentecôte. Les longs week-ends sans Alice s’additionnent. Terrible privation organisée par l’Etat et la religion catholique, comme pour me punir de leur avoir désobéi à tous les deux. Stage intensif de souffrance.”

- “Tous mes soucis viennent de mon incapacité puérile à renoncer à la nouveauté, d’un besoin maladif de céder à l’attrait des mille possibilités incroyables que réserve l’avenir. C’est fou comme ce que je ne connais pas m’excite plus que ce que je connais déjà. Mais suis-je anormal ? Car ne préférez-vous pas lire un livre que vous n’avez pas lu, voir une pièce de théâtre que vous ne connaissez pas par coeur, élire n’importe qui Président plutôt que celui qui était là avant ?”

- “Je croyais t’avoir draguée par jeu, et voici que je me retrouve errant devant ta porte, le souffle coupé. L’amour est source de problèmes respiratoires”

Et quelques phrases pas si loin de la vérité finalement…

- “Les contes de fées n’existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante, c’est pourquoi tout le monde ment”

- “Jamais personne ne m’a manqué comme ça. Sans toi, ma vie est une salle d’attente.”

- “Alice et moi avons eu une relation extra-conjugale. C’est ainsi qu’on appelle les plus bells passions romantiques, à notre époque. Des gens meurent d’amour tous les jours pour des liaisons extra-conjugales. Ce sont souvent des femmes que vous croisez dans la rue. Elles n’ont l’air de rien car elles cachent en elles ce secret, mais quelques fois vous les verrez pleurer sans raison devant un mauvais feuilleton, ou sourire d’une façon magnifique dans le métro et alors, vous saurez de quoi je parle.”

- “C’est donc cela la vie d’adulte : construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints, et recommencer l’opération, encore et encore, alors qu’on sait bien que l’océan les aurait effacés de toute façon ?”

- “On a beau dire, le meilleur moyen de ne pas regretter quelque chose reste de l’oublier”

- “Les plus belles fêtes sont celles qui ont lieu à l’intérieur de nous”

Au détour de chaque chapitre une réflexion, profonde ou franchement pathétique, s’inspire directement de la souffrance dans laquelle se vautre sans retenue aucune le narrateur. A la fin du roman, on se prend au jeu du compte à rebours… J-3 avant la rupture annoncée d’un amour…

Comme toujours, j’ignore si je verrai le film ou non. Louise Bourgoin, aussi charmante soit-elle dans le rôle d’Alice m’emmènera forcément bien loin de l’image que je me suis faite d’elle en picorant ce roman. J’ai toujours préféré la vision imaginaire qu’on peut se faire d’un personnage à sa transposition sur grand écran…

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Joyeuses Pâques !


Même si personne n’a besoin de prétexte pour s’offrir et déguster du chocolat…

Même les articles sur cette denrée controversée fleurissent inlassablement tout au long de l’année…

Même si la gourmandise est à présent un défaut qu’il devient tendance d’afficher…

Pâques reste la période la plus appropriée pour se lâcher sans vergogne après avoir repéré puis léché les vitrines de quelques bons chocolatiers. Aujourd’hui, plus que tous les autres jours de l’année, les journaux dédient des pages entières à ce plaisir, solitaire ou non. Aimer et savourer le chocolat devient un art de vivre. On apprécie le chocolat comme on est amateur de grands crus ou de bons café.



Antidépresseur et stimulant naturel

Certains attribue au chocolat d’incroyables vertus tandis que d’autres l’incriminent de tous les maux. Nourris de pages entières, la femme (dont je suis) choisit souvent de se focaliser sur ces vertus insoupçonnables comme si celles-ci pouvaient légitimer sa consommation, parfois abondante, mais souvent assumée. On y trouve alors une foule d’arguments qui, mis bout à bout, forment le plus solide des pretextes pour savourer, sans le moindre remord, tablettes et autres fondants dont nos palets raffolent…

Riche en polyphénols au pouvoir antioxidant permettant de capter et de stabiliser les radicaux libres, responsable de l’oxydation de nos cellules et donc du vieillissement de notre peau. Contenant des flavonoïdes ayant une action favorable sur la circulation sanguine. Bénéficiant de propriétés anti-dépressives liées à la présence de neurotransmetteurs tels que la sérotonine, l’endorphine et l’anandamide. Le chocolat pourrait également jouer un rôle dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Il est aussi riche en magnésium. Et j’en passe !

Portrait de la chocolatomane

La chocolatomane (quel nom barbare !) intrigue… Elle a fait l’objet de nombreuses études et a aujourd’hui un profil parfaitement bien identifié et cerné par les spécialistes. Elle consomme quotidiennement entre 100 et 500 grammes, voire plus, de chocolat depuis plusieurs années. Son degré d’activité physique et psychique est élevé. Elle est sportive, manifeste un professionnalisme intense, veillant tard, lisant beaucoup, consommant du tabac et dépourvu d’anxiété. L’arrêt brutal de sa consommation de chocolat peut déclencher chez elle une réaction d’angoisse. Oups !

Alors, simple plaisir, drogue ou dépendance, le chocolat se déguste avant tout comme on l’aime. En tablette, en bouchées ou cuisiné. Noir, au lait ou blanc. Avec ou sans noisettes et amandes. A l’orange, au riz soufflé. Croquant ou coeur fondant… Praliné parfois… Un plaisir à consommer avec modération si possible, mais toujours à composer sur-mesure…

Pour stimuler imagination et palets, Le Figaro avait d’ailleurs recensé le top 20 des meilleurs chocolatiers parisiens… Quelques bonnes adresses à visiter tout au long de l’année…



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Coming-back

De longs mois ont passé sans que je n’écrive une ligne sur ce blog. Aujourd’hui, je m’en surprends moi-même…

La vie est étrange parfois. En nous imposant ses priorités, elle nous incite à renoncer à certains plaisirs au point de nous en faire presqu’oublier les vertus et le charme. En nous centrant sur l’urgent et le quotidien, elle laisse s’évaporer, un jour après l’autre, le léger et le superflu qui forment pourtant de si jolies diversions.

Alors, après ce long silence sans aucun sens ni la moindre légitimité, je me dis, avec légèreté et sans précipitation, qu’il y a un temps et du temps pour tout, et que celui de revenir sur ces pages est peut-être revenu…

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Merci !

Une amie vient de m’offrir un cadeau empaqueté dans un large sac en kraft marron, sur lequel une vingtaine de lignes est griffonnée. Une vaste énumération qui recence tout ce que le fameux sac peut contenir. Au hasard et dans le désordre : vos petites cuillères, votre collier, vos boîtes de cirage, vos pinces à toast, vos disques, votre sonnette de vélo, vos livres, vos élastiques, votre ricil, vos ballerines, votre eau de toilette, votre thermos... Un vaste bric à brac reprenant tout ce qu’il est possible d’acheter dans un magasin au nom intriguant : MERCI.

Au-delà d’objets en tout genre et de toutes formes, l’énumération précise aussi que ce sac miraculeux peux contenir : votre soutien, votre coeur, votre attention, vos idées, votre confiance, vos espoirs, votre amour et votre amitié. La liste s’achève pas un laconique MERCI qui résume tout.


Située 111 boulevard Beaumarchais, à deux pas de Bastille, MERCI est en fait une boutique atypique et unique en son genre, un loft immense, un concept store dans lequel on déambule comme dans une maison, de pièce en pièce. De l’une à l’autre, on passe du fleuriste au bouquiniste. On déniche alors par surprise quelques perles de créateurs, objets design – utiles ou inutiles -, bijoux ravissants, et autres livres qu’on s’empresse de dévorer dans de confortables canapés, en sirotant un verre. Le tout à des prix attractifs. Un vrai plus pour tout le monde puisque, après que les créateurs aient abandonné leurs marges sur le produit de leurs ventes, les bénéfices réalisés sur les achats sont reversés à des œuvres caritatives. MERCI…

Je ne connais pas encore cette boutique pas tout à fait comme les autres, mais le récit qu’on m’en a fait aujourd’hui me conduit à l’ajouter sur ma Shopping List de la rentrée…

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Vacances expérimentales

Cet après-midi, lors d’une pause langoureusement paresseuse au bord de la piscine, je me suis penchée sur la dernière édition du Madame Figaro. Comme toujours (tout est décidément une question d’habitude…), j’ai débuté ma lecture par la dernière page. La rubrique “En Privé” offre quelques confidences de gens (parfois célèbres, parfois mois) et se picore autant qu’elle se dévore, avec envie et légèreté. Dédiée aux vacances de l’interviewé, elle relate les préférences et les habitudes d’un homme ou d’une femme qui n’a alors soudainement (et c’est là que se joue toute l’illusion) plus vraiment de secret pour nous. Votre hôtel préféré ? La boisson à laquelle vous ne résistez pas ? Que trouve-t-on dans votre valise ? Votre truc pour déconnecter ?… Soudain, sa vie et ses souvenirs de vacances se mêlent aux nôtres. Un peu comme si nous nous connaissions depuis des lustres…

Abreuvée de détails dont je n’ai finalement que faire, j’ai ensuite fait un bond d’un bout à l’autre du magazine et zappé (comme d’habitude aussi) sur l’Edito.


J’ai adoré ce long préambule de l’auteur Laurent Seksik. Une introduction bavarde – qui parlait de nos vacances à tous avec un incroyable effet miroir – dont voici un extrait :

« Nous partons. L’instant est d’importance et les enjeux, sans être vitaux, sont de taille. Il s’agira en 3 semaines d’oublier l’année passée, de couper avec le quotidien , de resserrer le tissu familial, de ressouder les liens du couple, de reformer une vraie famille délitée par une année de vie parisienne. Changer d’air. (…) Goûter les saveurs oubliées. Sentir la douce somnolence du soleil de midi. Contempler les étoiles dans le ciel silencieux. (…)

Calme plat, douce somnolence et bonheurs minuscules

Nous avons besoin de quiétude. Nous rêvons de nous immerger dans une eau cristalline. Nous laver le cerveau. L’année fut rude. Nos yeux en ont trop vu. (…) Nous rêvons de bonheurs minuscules. Un rien nous comblerait. Nous désirons le calme plat. (…) Le doute nous assaille. Et si nous avions investi trop d’affect dans les 3 semaines à venir ? Sommes-nous trop ambitieux, déraisonnables ? Nous observons ceux partis avant nous qui reviennent déjà. Le hâle sur leur visage leur donne un air de sérénité. Ont-ils trouvé ce que nous cherchons ? Nous n’osons leur demander si l’on voit le monde différemment les yeux surexposés à la lumière du jour. Nous préférons conduire notre propre expérience. Nous partons. »


Je me reconnais dans ce portait de vacancière sur-ambitieuse, gourmande de tout, désireuse d’en faire le moins possible tout en n’en loupant pas une miette, impatience de couper avec la vraie vie et de plonger dans un sas de décompression, une parenthèse où bien-être, détente et relaxation ne font qu’un, un monde merveilleux où l’on redort enfin du sommeil du juste… Je me vois ouvrir les yeux chaque matin, en me disant que les journées passent vite, qu’il faut en profiter, se fabriquer des souvenirs à feuilleter tout l’hiver, des photos à coller dans un grand album… Je m’observe aller vite, vouloir tout faire et ne rien manquer, surveiller  le calendrier tout en regardant, parfois, le temps s’écouler lentement. Je me surprends alors à prendre le temps des choses : celui de sourire et de rire, de manger calmement, de cuisiner, de lire, de prendre soin de moi, d’observer le paysage immobile ou le ciel qui file, de discuter longtemps et de regarder mes enfants grandir. Eux aussi mettent la barre haut. Ils arrivent, l’air de rien et le nez au vent, avec des millions d’envies et d’idées de jeu, avec des devoirs de vacances, des ballons à gonfler et des poupées à cajoler. Les soirées s’éternisent et s’empilent sur des journées déjà remplies à ras bord. On rit comme des fous.

C’est ça les vacances. Un peu de tout et de rien qui, mis bout à bout, forme une inoubliable expérience avec soi-même et avec ceux qu’on aime…

Une expérience qui n’est jamais tout à fait la même mais à laquelle on se reprend secrètement à rêver dès le retour à la terre ferme, la dernière page à peine refermée…

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Escapade souterraine

Petit clin d’oeil aux toiles géantes qui habillent les murs de la ligne 14 à St Lazare… Formant un panorama inattendu, ces tableaux surgis de nulle part captivent l’oeil et détournent notre attention d’une élégante manière.

Soudain, les couloirs ne sont plus tristes. La foule se presse toujours, mais elle lève les yeux vers ce mur qui attire le regard autant qu’il le surprend. L’espace de quelques secondes, son voyage souterrain se fait moins monotone. Elle abandonne pour un temps son air hagard de circonstance pour laisser place à la contemplation.

Ephémère distraction, cette exposition invite à la pause en distrayant le cheminement et l’attention d’un usager que la RATP n’a hélas que peu habitué aux effets de surprise.

Une escapade immobile et souterraine, le temps d’un escalier ou d’un escalator. Une invitation tentante à une escapade bien réelle dans les rues de Vienne…

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Festins de papier

Ce matin, je contemplais avec un regard amusé les livres divers et variés qui s’empilent inlassablement, les uns au-dessus et les uns contre les autres,  sur la table de mon salon. Ouvrages fraîchement achetés, livres annotés, cadeaux reçus récemment et lectures de vacances, tous cohabitent, autant que faire se peut. Mr d’Emma Becker chevauche L’Homme qui voulait être heureux, tandis que Les outils d’excellence du formateur narguent un Mariage de décembre et le fameux Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Service Compris !

Autant d’ouvrages en attente d’être feuilletés et parcourus avant d’être picorés ou dévorés… Quel que soit leur sort et le mode de dégustation choisi, tous seront, j’en ai la certitude, annotés ou surlignés… Certains extraits, marquants, drôles ou troublants, seront recopiés sur mes carnets, d’autres seront, c’est certain, lus à voix haute ou repris, à une sauce ou à une autre…

« La lecture est une histoire d’amour entre un livre et un lecteur » raconte Michèle Grazier, dans le préambule du Goût de la lecture. « Comme dans toutes les histoires d’amour, moins les autres s’en mêlent et mieux l’amour fleurit. Le goût de la lecture se nourrit aussi de silence (…). Il est difficile de demander aux amoureux de faire une fiche pour raconter leur amour ».

L’auteur ajoute : « Tout lecteur a un jour connu la naissance de sa passion, il aime la solitude à deux avec le livre, il a les mots à la bouche, il ne voit pas le temps passer. A chacun des amateurs du goût de la lecture de réinventer sa propre promenade gourmande ».

L’air gourmet et toujours gourmande, j’ai le plaisir, à chaque fois renouvelé, de partager avec les lecteurs que je croise, mes « festins de papier ». J’aime aussi avoir l’eau à la bouche, manger mes livres des yeux, les contempler et les toucher, avant et après les avoir savourés. Derrière ce rapport presque sensuel, derrière chaque bouchée, une multitude d’émotions, allant du désir au plaisir… Sans limite ni remord aucun, j’avoue avec passion et gourmandise, ce goût si particulier et cet appétit immodéré pour les livres, objets de mon décor au quotidien. Sans jamais avoir les yeux plus gros que le ventre, j’aime m’installer pour ces moments de plaisir solitaire où l’on peut tout dévorer et apprécier chaque mot, chaque ligne, chaque phrase avec ses yeux, à l’infini, le plus souvent sans modération.

Allez, vous aussi, laissez-vous aller, surprendre ou envoûter…

Vous reprendrez bien quelques pages ?

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A petites foulées…

Hier, en fin de journée, à l’heure où la chaleur se disperse, je suis allée courir au bord de l’eau. Des kilomètres durant, mes pieds ont foulé le sable mouillé, joué avec les vagues et fait des clapotis dans l’eau.

Emerveillement sans fin d’un décor changeant d’un pas à l’autre, de cette lumière incroyablement vive se reflétant sur l’océan, de l’écume et des vagues jouant à dessiner d’infinis reliefs sur l’eau…

Arc en ciel de couleurs d’eau. Bleu, vert, gris, turquoise… Jeux de transparence… Bruits d’eau… Mouvements de vagues…

Et pourtant, comme une impression de silence et d’absolu soudain…

Pas après pas, à petites foulées, j’ai vu mes pas apparaître puis disparaître sur le sable… J’ai senti la chaleur du soleil fondre sur moi, observé la lumière du soleil descendre peu à peu, croisé quelques promeneurs et regardé les baigneurs se disperser puis disparaître pour laisser la plage déserte ou presque, m’ouvrant ainsi un horizon plus vaste, et le plaisir, illusoire et pourtant bien réel, de me dire que ce décor n’appartenait qu’à moi, le temps d’une course folle…

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Mariés du bout du monde

Sur cette fameuse plage, pas tout à fait déserte, mais avec cet air de « presque bout du monde », j’ai croisé de jeunes mariés… Apparition presqu’irréelle…

Un couple de tourtereaux, jeunes et beaux, qui s’était fraîchement passé la bague au doigt les pieds dans l’eau, dans un autel recréé pour l’occasion avec, pour fond, un cadre inouï, digne du plus glamour des magazines. Elle, ravissante, en robe blanche ultra féminine, décolletée et dentelée. Lui, dans un costume de rigueur parfaitement bien coupé. Tous deux les tongs aux pieds…

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme… C’est l’histoire d’un mariage pas tout à fait comme les autres… célébré un jour d’avril ensoleillé, sur une plage du bout du monde… Quel joli commencement.

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L’instant présent

Pour la première fois depuis bien longtemps, je me suis offert quelques jours loin de l’agitation parisienne, loin du bruit du monde et de mon quotidien. Une parenthèse dont je me surprenais à rêver depuis quelques temps déjà. Une pause, un break, une rupture avec le monde réel, loin du tumulte et des tourments.

Un épisode à imaginer et à vivre à la carte…


Je ne connais rien de plus agréable que de disposer de temps libre pour faire ce que bon me semble. Rien ou tout, selon l’humeur du jour. Un peu de ci, un peu de ça avec passion ou parcimonie… Mais ne laisser filer aucune seconde sans en savourer la préciosité, cette préciosité si particulière qu’on les choses qui se font rares.

Fascinante liberté…

Vivre pleinement. Ne plus avoir peur de quoi que ce soit. Légère et éphémère insouciance…

Ouvrir grand les yeux, et s’apercevoir combien les couleurs sont belles. Se laisser interpeller par le bleu du ciel, la transparence de la mer, la beauté d’une fleur ou le charme infini d’un paysage qui n’est jamais tout à fait le même… Prendre le temps de regarder autour de soi. De contempler la vie qui s’agite plus lentement que d’habitude…

Ecouter… Le silence, ou le bruit des feuilles qui se frottent les unes contre les autres. Ecouter le clapotis des vagues ou le souffle du vent…

Respirer, respirer… vraiment ! En prenant tout son temps. Sentir l’air pénétrer à travers soi, suivre son chemin. Reprendre son souffle pour ne plus jamais le perdre…

Marcher, courir, sauter… S’amuser, se dépasser pour se surprendre. Aller plus loin que jamais…

Lire… Se plonger dans une lecture sans jamais ne vouloir en ressortir…

Sourire  et rire à la moindre occasion. Sans jamais hésiter ni se contenir. Partager…

Rencontrer, parler, échanger… Oser… S’autoriser…

S’alléger et de certaines émotions. Tordre le coup à la tristesse, au doute, à l’anxiété. Ne plus rien se demander. Ne pas s’interroger ni s’inquièter. Laisser les choses aller… Se sentir bien, être bien, s’en rendre compte et savourer.

Vivre…

Etre là, ici et maintenant, dans l’instant présent… Simplement…

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Des pop-corn à l’entracte !

Le jour de mon anniversaire, un ami très cher m’a emmenée au théâtre. Il m’a sortie, m’a surprise et dépaysée avec une pièce inattendue et exotique Hors piste aux Maldives, au théâtre Fontaine. Le genre de spectacle léger qui laisse un souvenir pétillant et dont on sort avec le sourire aux lèvres et quelques bonnes répliques en tête.

J’adore le théâtre même si je n’ai finalement pas réellement ce qu’un initié pourrait qualifier de « culture théâtrale ». Depuis très jeune, je suis sensible à certaines oeuvres, à certains acteurs, à certaines adaptations ou à certains théâtres… J’aime me rendre au théâtre à Paris, à Londres ou à Garches, (où je vis) parce que cet art me plaît autant qu’il m’émeut et que j’aime me laisser emporter, sans résistance aucune, le temps d’une pièce.

Mais, comme pour le cinéma, je vais là où mon envie et ma sensibilité me portent, après avoir lu une critique, vu un extrait ou été touchée par l’interview d’un acteur. Je fais des choix qui s’apparentent d’avantage à des coups de coeur qu’à de bonnes raisons.

Aujourd’hui par exemple, j’ai vu L’Agence, avec Matt Damon et Emily Blunt. Je suis allée voir ce film probablement pour les mêmes raisons que le reste de la salle : parce j’ai aimé l’extrait sur Allociné, la baseline (somme toute très basique mais très parlante aussi, « On n’échappe pas à son destin ») et probablement parce qu’en ce dimanche après-midi parisien pluvieux, j’avais envie d’un film en VO à savourer avec quelques pop-corn.

Ah ! Les pop-corn…

Pour répondre à une amie qui semblait nourrir une certaine perplexité quant au niveau de ma culture cinématographique (non, j’avoue, je ne suis pas championne du monde en classement de réalisateurs et ai parfois quelques films de retard, mais je l’assume plutôt bien) : pour moi les pop-corn et la pub font partie du charme d’une bonne séance de cinéma… Confortablement installée dans mon grand fauteuil, j’avoue aussi (sans l’ombre d’un début de remords), savourer le spectacle d’un bout à l’autre et ce, depuis toute petite… La mine réjouie, je n’en perds pas une miette.

Alors, que chacun se rassure car l’essentiel n’est-il pas de prendre le plaisir là où il est et là où on le place ? Un plaisir infini qui débute dès l’entrée dans la salle, tant au théâtre qu’au cinéma. En ce qui me concerne, je pense qu’il en sera encore ainsi des années durant. Les yeux écarquillés, je savoure… Simplement.

Oups, je vous laisse, c’est l’heure de l’entracte… Alors, plutôt sucrés ou salés les pop-corn ??

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Mon échappée belle…

Ce matin, je suis allée courir une heure.

Chaque semaine, je cours trois heures, parfois quatre. Au coeur des bois, dans un décor magnifique et changeant, je m’enfonce pour un long moment solitaire.

Envie d’une liberté soudaine, besoin de souffler, de respirer ou de réfléchir. Je m’offre cette parenthèse d’oxygène à la saveur si particulière que seuls, celles et ceux qui s’adonnent au footing, peuvent comprendre et apprécier.

Au départ, le souffle est court, les jambes plutôt lourdes… Il faut prendre ses marques, trouver son rythme, modérer son pas puis, petit à petit, et presque soudainement, tout se cale… Les jambes avancent, seules, autonomes et synchronisées… Les pas s’enchaînent, les uns après les autres. Le corps prend le pas sur la tête à moins que ce ne soit elle qui guide nos pas sans même que nous n’ayons à y penser.

A bien y réfléchir, c’est à ce moment là que l’on perd pied…

Le rythme se fait régulier, le corps s’allège, l’esprit s’évade et les tensions lâchent. On est ailleurs… Quelques grandes inspirations achèvent ce processus miraculeux qui peut alors s’installer des heures durant. A chaque fois, quel que soit le décor, quel que soit le chemin, le scénario, immuable et imperturbable, se reproduit. La sensation de bien-être prend le dessus sur tout le reste et soudain, l’esprit léger, on ne se concentre que sur l’essentiel et sur soi-même. Il suffit alors de se laisser porter et de savourer cette sensation simple mais extrême qui ne ressemble à aucune autre.

Lorsque je suis fatiguée, à cours d’idée ou d’envie. Lorsque j’ai bien travaillé… Lorsque je dois prendre des décisions et faire des choix… Lorsque, comme le dit si bien Monoprix, « mon quotidien devient trop quotidien »… Lorsque quelque chose de trop lourd pèse dans mon coeur ou dans mon ventre… La course est pour moi une échappatoire ; elle est mon échappée belle…

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